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Qu’est-ce qu’Alzheimer ?



Alzheimer est une maladie qui entraîne des dégénérescences de certaines cellules du cerveau. A quoi est-elle due ? Pourquoi faut-il être vigilant ? Quels changements implique la maladie ? restonsenforme fait le point sur cette forme de démence…

La maladie en question

Comment l’a-t-on découverte ?

Qu’est-ce qu’Alzheimer ?

Alzheimer est une maladie qui touche le cerveau. Forme de démence, elle entraîne des dégénérescences de certaines cellules du cerveau qui rétrécissent ou disparaissent, modifiant alors son fonctionnement. Ces lésions, affectant progressivement toutes les régions du cerveau, entraînent une difficulté croissante à analyser et utiliser l’information. Réfléchir, comprendre, mémoriser, se souvenir ou encore faire des choix devient de plus en plus difficile. Les activités de la vie courante comme s’habiller, s’entretenir, manger, se transforment vite en véritable contrainte. Cette perte d’autonomie nécessite alors l’intervention d’une tierce personne pour aider au quotidien. Cependant, ces bouleversements ne changent en rien la capacité du malade à éprouver des sentiments _ colère, peur, tristesse mais également joie… _ et à y réagir.

En France, ce sont plus de 3 % des plus de 65 ans qui sont touchés par cette maladie et près de 15 % des personnes âgées de plus de 75 ans [1].

C’est à Aloïs Alzheimer (1864-1915) que l’on doit la découverte de la maladie d’Alzheimer. Médecin psychiatre allemand, il consacra sa vie à étudier les personnes atteintes de démence et particulièrement leur cerveau.
C’est en 1906 qu’il décrit pour la première fois cette maladie et ses symptômes en analysant le cerveau d’une de ses patientes qu’il suivait depuis 1901. Ayant ouvert la voie, d’autres médecins étudièrent à leur tour cette maladie et confirmèrent la découverte d’Aloïs Alzheimer. Emil Kraepelin, éminent psychiatre, responsable de la chaire de psychiatrie de Munich, proposera alors dans les années 1910 de nommer cette maladie par le nom de son découvreur.

A quoi est-ce dû ?

    * La forme familiale. Elle représente environ 5 à 10 % des cas. Peu courante, elle est transmise génétiquement d’une génération sur l’autre dans une même famille.
    * La forme sporadique. Elle représente 90 à 95 % des cas. Forme la plus courante, les personnes atteintes peuvent ou non avoir des antécédents familiaux.
La maladie d’Alzheimer n’est pas un processus normal de vieillissement. Touchant aussi bien les hommes que les femmes, elle se déclare généralement après 65 ans. Cependant, elle peut toucher des personnes plus jeunes. A ce moment, on parlera de maladie d’Alzheimer précoce.
Frappant plus souvent les femmes que les hommes, elle n’est cependant pas transmissible.
Son origine reste à l’heure actuelle inexpliquée. Cependant, certains facteurs de risques sembleraient influencer sa progression. Les chercheurs se penchent ainsi principalement sur l’âge, les antécédents familiaux, l’éducation et son rôle dans le développement du cerveau, l’activité physique qui semblerait prévenir la maladie, ou encore certains risques liés aux oestrogènes, à l’aluminium…
Aujourd’hui, on n’a pas encore trouvé de solution pour stopper la dégénérescence et il est impossible de rétablir les fonctions des cellules détériorées. Mais il s’avère que certains traitements prescrits précocement permettent de ralentir l’évolution de la maladie.

Comment savoir si la personne est atteinte ?

Pourquoi faut-il être vigilant ?

Maladie dégénérative et imprévisible, il est nécessaire d’être vigilant à la déclaration des premiers symptômes car son évolution incertaine peut s’avérer soudaine et brutale, et l’efficacité des traitements actuels est optimale lorsqu’ils sont prescrits précocement.
Pertes de mémoire, changements de comportements, d’humeur, difficulté à réaliser des tâches usuelles ? Contrairement aux idées reçues, ces symptômes ne sont pas dus au vieillissement.
Même si ces symptômes ne signifient pas nécessairement que la maladie s’est installée, mieux vaut prévenir que guérir. D’autant que ces troubles peuvent être induits par d’autres problèmes ou maladies comme par exemple une incompatibilité de médicaments, une dépression, …

Les premiers symptômes

Les modifications du comportement s’installent progressivement et ne se déclarent pas du jour au lendemain. C’est généralement la famille, ou le conjoint vivant avec la personne en question, qui remarque ces changements imperceptibles.

Ainsi apercevra t-on :

    * Oublis fréquents et difficultés à se rappeler d’événements qui se sont produits récemment.
    * Difficultés à trouver des mots simples lors d’une conversation.
    * Difficultés à effectuer des tâches usuelles comme par exemple préparer le repas, s’habiller, se laver…
    * Pertes fréquentes de repères spatio-temporels, comme par exemple ne plus se souvenir du jour de la semaine ou ne plus retrouver son chemin.
    * Difficultés à l’abstraction comme par exemple faire des calculs, faire ses comptes…
    * Difficultés à apprendre.
    * Changements brusques d’humeur ou de comportement.
    * Altération de la personnalité. La personne peut devenir peureuse, méfiante, agressive…
    * Démotivation, perte d’intérêt.
    * Isolement

Que faire ?

Lorsque vous repérez chez vous ou chez un de vos proches, un ou plusieurs des symptômes mentionnés ci-dessus, il est nécessaire de consulter son médecin. Cela, dans le but de comprendre la cause de ces symptômes et savoir comment les traiter et y faire face.

Actuellement, il n’existe pas d’examen spécifique pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer. C’est pourquoi cela peut parfois prendre du temps. D’autant qu’il existe d’autres maladies apparentées à Alzheimer, qui provoquent des symptômes similaires, mais qui ne se traitent et ne se soignent pas de la même manière.

Le médecin, lui, procédera selon plusieurs étapes :

L’élimination des causes autres qu’Alzheimer. La dépression, la malnutrition, la réaction à certains médicaments ou certaines maladies peuvent être responsables des symptômes. Par une série de tests (lire, écrire, calculer, se souvenir d’événements, de dates…) et d’analyses (analyse sanguine, scanner…), le médecin pourra mieux cerner les causes des symptômes.
Un diagnostic d’un autre professionnel de la santé. Le médecin peut décider d’envoyer le patient vers un autre spécialiste (neurologue, psychologue, gériatre, psychiatre…) pour analyser ces troubles de la mémoire, du langage et du raisonnement.
Une fois les tests et examens effectués, rassemblés et étudiés, le médecin peut alors donner un diagnostic de la maladie d’Alzheimer avec une certitude de 90 %.

Quels changements impliquent la maladie ?Une fois la maladie d’Alzheimer diagnostiquée, les changements varieront dans leur forme, leur intensité et leur durée selon chaque individu. Quoiqu’il en soit, pour un malade diagnostiqué, c’est l’ensemble de la famille qui est touché. C’est pourquoi il est important de savoir s’y préparer. Bien que trois médicaments soient actuellement commercialisés _ Aricept, Exelon et Reminyl _ ceux-ci n’ont pas le pouvoir de guérir de la maladie mais de ralentir sa progression. De plus, leur action est avérée dans la mesure où ils sont pris au plus tôt.
Les soins apportés au malade amélioreront sa qualité de vie et ralentiront également la dégénérescence. En moyenne, la maladie d’Alzheimer connaît une évolution d’une douzaine d’année caractérisée par différentes phases.

 

Les changements constatés chez le malade pendant cette période sont de trois ordres :

Intellectuel : Bien que le malade d’Alzheimer vous entende et soit sensible à ce qui est dit, ses capacités intellectuelles s’amenuisent à mesure que la maladie se développe. Il lui sera de plus en plus difficile de comprendre, se souvenir, penser et donc, communiquer avec l’extérieur. S’il parle, le malade aura de plus en plus de difficultés à trouver ses mots et se faire comprendre. Enfin, c’est tout un processus de désapprentissage qui s’opère et la personne n’arrive plus à effectuer les tâches du quotidien comme se laver, manger, s’habiller.
Emotionnel : Le malade semble se renfermer et s’isoler. Il parait absent. Son comportement devient difficile à prévoir et les sautes d’humeurs deviennent fréquentes. Sa personnalité est affectée dans son ensemble et il peut devenir inquiet, méfiant, agressif, anxieux… vis-à-vis de ses proches et de son entourage.
 Physique : Les capacités physiques et motrices du malade s’amenuisent peu à peu, aboutissant à une perte d’autonomie totale. Se déplacer devient de plus en plus difficile et le risque de chute est accru. Le malade devient peu à peu incapable de prendre soin de lui-même. Il lui devient ainsi impossible de se nourrir, s’habiller, se laver et une forme d’incontinence se développe.
Les troubles affectent ainsi le malade tant au niveau de la personnalité que de son autonomie. Mais, progressant et se développant à des vitesses et avec des formes variables, il est impossible de connaître l’évolution précise de chacun de ces troubles, involontaires, rendant la maladie dure à supporter pour l’entourage.

Toutefois, de nombreuses personnes atteintes de cette maladie mènent une vie active. Un diagnostic précoce et les médicaments permettent de mieux canaliser la maladie. Et même si l’on ne connaît pas encore les causes de cette maladie et qu’il est difficile de prévenir son apparition, il semblerait que certaines indications soient hautement conseillées. Ainsi, le maintien de la forme physique par de l’exercice, un régime alimentaire varié et équilibré, et le maintien de la forme intellectuelle par de l’exercice mental (scrabble, mots croisés, échecs, jeux de société…) et de l’activité intellectuelle (lire, écrire, …) ne peuvent qu’être recommandés pour votre santé … et il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

[1] D’après les résultats de l’étude «personnes âgées QUID » (PAQUID) http://www.isped.u-bordeaux2.fr/RECHERCHE/paquid/FR-PAQUID-Resultats.htm

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