La Môme d’Olivier Dahan

De : Olivier Dahan
Avec : Marion Cotillard, Jean-Pierre Martins, Pascal Greggory, Sylvie Testud, Gérard Depardieu, Jean-Paul Rouve, Emmanuelle Seigner, Clothilde Coureau…
Durée : 2h20
Date de sortie : 14 février 2007
Genre : Drame, biopic musical
Synopsis :
De son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures, de Belleville à New York, l’exceptionnel parcours d’Edith Piaf. A travers un destin plus incroyable qu’un roman, découvrez l’âme d’une artiste et le coeur d’une femme…
Notre avis :
« Je ne voulais pas faire une biographie de Piaf, raconter sa vie ne m’intéressait pas en soi. Je tenais à faire un portrait. J’ai cherché à être vrai, respectueux, en connexion avec elle sans aucune complaisance ». Le réalisateur Olivier Dahan aime les contes (Le Petit Poucet, 2001) et les drames (Déjà mort, 1997, La vie promise, 2002). Et ça se voit. S’appuyant sur le destin incroyable et romanesque de la plus grande chanteuse française, au rythme de flash-backs et de tubes inoubliables, il force le trait et l’émotion pour dévoiler les blessures et les excès d’une immense artiste, morte usée à 48 ans.
De la misère, du malheur, des déchirements, une existence à la Cosette et des scènes flirtant souvent avec le mélo marquent l’enfance de la môme de Belleville et la première partie du film. Fille d’une alcoolique, élevée dans un bordel, frôlant la cécité, séparée de sa mère adoptive, embarquée au cirque par son père et réduite à la mendicité, la vérité n’est certes pas rose mais l’adaptation un brin larmoyante.
Puis apparaît Marion Cotillard. Une apparition, la silhouette tordue, bossue, les sourcils rasés et le visage grimé, méconnaissable lors de la scène d’ouverture du film, en laissait présager beaucoup. Ce n’était qu’un apéritif. Qu’elle batte le pavé parisien, éméchée et gouailleuse, flanquée de sa copine Simone (remarquable Sylvie Testud), en play-back, capricieuse, irascible, diva, vulgaire, canaille, hurlant sa douleur à la mort de Marcel Cerdan ou droguée et malade, à l’agonie, à la fin de sa vie, l’actrice en fait des tonnes mais ne peut laisser personne indifférent. Habitée sans jamais disparaître complètement, Marion joue à cache-cache avec Edith pour donner à son personnage une fascinante complexité, mélange d’une touchante fragilité et d’un caractère excessif.
Excès, le mot revient. C’était peut-être ça le secret pour livrer un film intime et intense, au plus près de l’existence d’une artiste de légende qui a consumé la sienne par les deux bouts.
Stéphanie HAOUN

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