Patti Smith s’expose à la Fondation Cartier

Jusqu’au 22 juin, la Fondation Cartier, à Paris, présente une exposition personnelle de la chanteuse Patti Smith. Entre écriture, peinture et photo, l’égérie rock des 70’s apparaît comme une artiste aboutie et complète. A découvrir.
Son nom vous évoque sûrement quelque chose, à moins que ça ne soit son timbre de voix unique et inoxydable. Mais saviez-vous que l’interprète de Because The Night était aussi poète, dessinatrice et photographe ? La Fondation Cartier vous fait découvrir ses différentes facettes lors d’une exposition de sa collection personnelle, jusqu’au 22 juin. Elle réunit des œuvres réalisées entre 1967 et 2007 et nous fait entrer dans un univers à la fois lyrique, spirituel et poétique.
L’exposition est essentiellement dominée par la photographie. L’artiste s’y intéresse d’abord en réalisant d’abord de nombreux collages, en 1967. Elle y revient à la mort de son mari. Elle voit cet art comme un moyen de se libérer et dit aimer la satisfaction que lui procure le résultat immédiat de la photo. Munie d’un polaroïd Land 250, elle réalise des clichés qui sont empreints de valeur à ses yeux : les pantoufles de Robert Mapplethorpe (photographe, ancien amant et ami éternel de la chanteuse), le lit de Virginia Woolf, la tombe de Samuel Beckett, les couverts d’Arthur Rimbaud…
On découvrira aussi bon nombre de photos de sculptures, qui ont toujours fasciné la chanteuse, ainsi que des photos de Paris et notamment du quartier de Montparnasse, lieu où elle a résidé lors de son premier séjour français. Ces clichés illustrent l’âme aventurière et curieuse de l’artiste, ainsi que son envie de figer de manière atemporelle tous ses souvenirs. Une frise intéressante, à la fois intime et artistique.
Quant aux dessins, le tour est plus rapidement fait. Couleurs pastel, délavées, brouillonnes. Dessins aux traits irréguliers, informes, parfois cauchemardesques. Le coup de crayon de Patti Smith a de quoi surprendre. Ces œuvres mélangent poésie et dessins, et plusieurs thèmes s’entremêlent, de l’accident de voiture à l’autoportrait. Ils révèlent son côté solitaire et sont plus difficiles d’accès, d’autant plus qu’aucun n’est annoté.
Sont présentés aussi quelques courts métrages sur et de Patti Smith. Son intérêt pour les collaborations artistiques s’exprime dans les films réalisés par Robert Frank, Robert Mapplethorpe et Jem Cohen ainsi que dans la performance sonore de The Coral Sea avec Kevin Shields. La Fondation Cartier a même spécialement commandé à la chanteuse un court métrage.
Enfin, l’expo permet de découvrir des objets personnels chers à l’artiste. Carnets de notes, factures d’hôtel… prennent tout leur sens dans la vie de Patti Smith. On notera la présence de manuscrits originaux, d’une photographie prise par Constantin Brancusi ou d’une pierre recueillie au bord de la rivière où Virginia Woolf mit fin à ses jours.
La Fondation Cartier ne se limite pas à la simple exposition, puisqu’elle donne carte blanche à Patti Smith pour la programmation des Soirées nomades, durant lesquelles elle chantera seule ou accompagnée de son groupe. Au final, voilà un rendez-vous évidemment intéressant pour les fans de la chanteuse, mais qui pourra aussi satisfaire quelques curieux.
Christelle Assenarre
Land 250. Jusqu’au 22 juin 2008 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 boulevard Raspail, 75014 Paris, métro Raspail. Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 11 h à 20 h. Nocturne le mardi jusqu’à 22 h. Prix : 6,50 euros, tarif réduit : 4,50 euros. Gratuit le mercredi de 14 h à 18 h pour tous les visiteurs et tous les jours pour les moins de 10 ans, Cercle des amis et ICOM.
Rens. : http://fondation.cartier.com/

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