Le rétro-gaming ou la nostalgie des premiers jeux vidéo
Pac-Man, Mario et autre Tetris sont pour eux la référence absolue en matière de jeux vidéo. Totalement insensibles à la Playstation ou à la Wii, ils se sont arrêtés aux années 1980-1990. Plus qu’un loisir, c’est un véritable état d’esprit.
Proust l’a si bien décrite et couchée sur papier que, depuis, elle nous hante comme une bonne vieille senteur de lavande… On parle bien sûr de la nostalgie qui, aujourd’hui, s’empare même des cyber-gamers (traduisez joueurs en ligne ou de façon plus étendue, sur console ou ordinateur). Le rétro-gaming (« rétro » pour ancien et « gaming » pour jouer) ne désigne pas seulement le fait de jouer ou de collectionner les jeux anciens. C’est bien plus qu’un anglicisme commun et désuet : c’est une culture !
Les références incontournables
Tous les rétro-gamers ont un avis différent sur la question mais les jeux anciens récurrents sont les tout premiers Mario (le petit plombier en salopette rouge et bleue), Pacman (cette espèce de rond jaune mangeur de points), Donkey Kong, Space Invaders, l’incontournable Tetris (le jeu de casse-tête de briques à empiler et à emboîter), les premiers Sonic…
Deux profils de rétro-gamers
Grâce au phénomène Internet, celui du rétro-gaming a pris de l’ampleur. Le Web permet aux passionnés de jeux anciens de communiquer, favorisant aussi le partage ou l’échange de véritables « pièces » de collection. Mais il faut d’abord distinguer les passéistes et les collectionneurs.
Pour les passéistes, tout était mieux avant, du graphisme simpliste et enfantin au concept même des jeux. Le marché actuel brasse aujourd’hui tellement d’argent et vise un public si large que les concepteurs de jeu ont une liberté moindre. Résultat : les développeurs n’offrent plus une palette de choix aussi large, originale et diversifiée qu’avant. Hier, la pluralité était le salut du jeu vidéo. Elle est aujourd’hui synonyme de perte. Obligations mercantiles et concurrence oblige. Comme dans l’univers du dessin animé, beaucoup de retro-gamers ont aussi eu du mal à accepter la naissance de la 3D (graphisme en trois dimensions, visuel « image de synthèse ») qui a signé la mort de la 2D, le bon vieux graphisme « dessin animé ». La plupart des passéistes dénoncent aussi la multiplication des boutons sur les manettes de jeu qui compliquent et réduisent le confort de jeu, ainsi que la musique de fond, totalement polyphonique et remixée, au son presque trop parfait. Loin d’être des conservateurs ou des puristes réfractaires au progrès, les passéistes sont des esthètes.
Pour les collectionneurs, Gamecube, Xbox 360, Playstation 4, PSP ou Nintendo DS sont autant de termes barbares et insultants à leurs oreilles. Eux ne jurent que par C64, Spectrum, Oric, MSX, VCS, Intellivision, Amstrad CPC, cartouches et cassettes. Ils multiplient et accumulent les acquisitions de jeux et de consoles anciens, y jouent avec émotion, et adorent se replonger dans leur enfance. De plus en plus de boutiques spécialisées, de forums et de sites consacrés aux enchères, au troc et au partage de jeux anciens fleurissent. Des centaines de passionnés y affluent chaque jour pour débattre des nouvelles sorties, dénicher des renseignements sur des pièces introuvables ou encore évoquer les souvenirs. Et, loin d’être un phénomène commercial, c’est un mouvement sociologique et générationnel à part entière.
S’il existe d’autres types de rétro-gamers (les développeurs, les bricoleurs, les historiens, ou encore les néo-gamers, fervents adeptes de jeux sortis bien avant qu’ils ne soient en âge de ramper), nous avons cité ici les principaux. Vous pouvez retrouver la liste intégrale, détaillée et accompagnée de commentaires de rétro-gamers, sur le site de référence : www.grospixels.com
Anne-Flore GASPAR
Photos :
Pac-Man, sorti en 1979 au Japon, et en 1980 dans le reste du monde.
Sonic, de Sega, lancé en 1991.
La Game Boy originale, de Nintendo, sortie en 1980.
Adresses utiles :
Retrogame Shop, 18 Rue Trousseau, 75011 Paris (métro Ledru Rollin). Tél. : 01 43 67 10 55.
www.retrogame-shop.com
Pour en savoir plus :
www.gametrip.net ; www.gamopat.com ; www.abandonware-france.org


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