La chick lit, des livres réservés aux nanas

Sur la plage, les romans ” à la Bridget Jones ” font un tabac. Une histoire un peu superficielle, une célibataire en mal d’amour, un lieu idyllique : idéal pour distraire les adolescentes… et les filles un peu plus grandes !
Littéralement, ” chick lit ” signifie littérature de poulettes : “ chick ” pour “ chicken ”, poulet, poulette, et “ lit ” pour ” literature ”, en anglais. Plus généralement, ce terme s’applique à un nouveau courant “ littéraire “, un genre de romans légers apparu dans les années 1990 et destiné à un public, vous l’aurez compris, essentiellement féminin et plutôt jeune (oui, 40 ans, c’est encore jeune !). Drôle, superficielle, stéréotypée mais pas péjorative du tout, la littérature de “ nanas ”, on adore !
Les ingrédients du succès
Invariablement, l’histoire se déroule à New York, en particulier à Manhattan, (c’est tellement plus ” in “ !). L’héroïne : une célibataire d’une trentaine d’année overbookée. Journaliste pour un grand mensuel féminin ou créatrice de mode, elle nous raconte sa vie trépidante et si riche en rebondissements d’ordre sentimental, familial et professionnel.
Au début du livre, la vie de Julia (appelons-la Julia…) est un havre de paix et de quiétude. Fraîchement débarquée de son New Jersey natal, elle débute sa carrière par un poste de pigiste mal payé. Après de multiples aventures, elle finit rédactrice en chef de Vogue, habite dans un spacieux duplex qui donne sur Central Park, gagne bien sa vie. Et sa famille soudée et aimante se retrouve tous les ans pour manger la dinde à l’occasion de Thanksgiving. Oui mais (car il y a un “ mais ”), la vie sentimentale de Julia reste désespérément vide. Aussi déserte qu’un centre commercial du Montana en plein mois d’août. S’ensuivent alors une quête effrénée du prince charmant - que Julia est bien décidée à épouser avant la fin de l’année - des quiproquos et des situations plus rocambolesques les unes que les autres. Ainsi, l’homme sur qui elle a jeté son dévolu est en fait homosexuel, s’est amouraché de son meilleur ami, qui finalement a un frère avocat éperdument amoureux d’elle et qui lui déclare involontairement sa flamme en répétant devant le miroir de son bureau… Bien entendu, les variantes sont possibles : au lycée, à l’université, en vacances à Miami ou au bureau, l’essentiel est que l’histoire soit écrite par des femmes, pour des femmes, et que cela parle de problèmes… de femmes.
Des préoccupations bien ordinaires…
C’est surtout le ton désinvolte, désabusé et bourré d’humour noir qui rend les personnages de ces romans si attachants. Et c’est ce qui a fait le succès si rapide et grandissant de la chick lit. Le moindre malentendu gênant est tourné en dérision et la maladresse des personnages ne peut laisser le lecteur indifférent.
Nous avons toutes une amie malchanceuse (pour ne pas dire poissarde) qui, après avoir connu toutes les misères du monde, nous appelle en sanglots et nous débite ses malheurs pendant des heures au téléphone… Invariablement cela se termine en soirée plateau-télé-déprime générale, quitte à sacrifier une soirée romantique avec son Jules du moment.
Pour Julia, ces soirées sont en général arrosées de Chardonnay, nous, on se contentera d’une bouteille de Vodka achetée à l’épicier du coin. Julia, elle, fait son shopping sur la 5e Avenue, nous au BHV. Elle roule en Mini Cooper, nous en Smart. Au fond, on a les mêmes problèmes, les mêmes rêves de prince charmant, les mêmes soucis avec nos boss, les mêmes amis névrosés et la même famille déjantée. Mais ce qu’on aime et qui nous fait rêver, c’est s’imaginer avoir tous ces soucis dans un cadre moins ordinaire et plus somptueux comme Manhattan.
Quelques incontournables du genre
Le véritable précurseur de ce succès est sans conteste le célèbre “ Journal de Bridget Jones ” d’Helen Fielding, paru en 1996 (disponible en poche chez J’ai lu) et adapté au cinéma avec Renee Zellweger et Hugh Grant dans les rôles principaux. Bridget tient un journal intime où chaque jour elle consigne scrupuleusement le nombre de cigarettes qu’elle a fumées, le nombre de grammes qu’elle a perdus, et l’évolution de sa vie sentimentale. Depuis, sa “ gaine de grand-mère ” et le “ pull-over au rêne ” sont devenus cultes, et des milliers de femmes avouent se reconnaître en elle.
Deuxième du palmarès, “ Le diable s’habille en Prada ” de Lauren Weisberger, sorti en 2004 aux éditions Fleuve Noir. Andrea, jeune femme insipide et sans goût, décroche un job de rêve dans le plus grand magazine de mode américain, Runway. Bien vite, elle va découvrir que sous ses tailleurs Prada, sa patronne, Miranda Priestly, est une femme tyrannique. L’adaptation au cinéma a fait un carton, avec une Meryl Streep parfaite en diablesse omnipotente.
Aujourd’hui, des collections entières se sont créées pour satisfaire les fans du genre, comme Red Dress Ink, chez Harlequin, ou Fleuve Noir.
Notre sélection 2007 à lire sur la plage :
Crimes, passion et talons aiguilles, de Kyra Davis, Red Dress Ink, éd. Harlequin, 480 pages, 6,90 euros.
Acheter ce livre en ligne de Sophie Kinsella, éd. Pocket, 416 pages, 2007, 6,70 euros.
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L’accro du shopping a une sœur,
Débutantes divorcées, de Plum Sykes, éd. Fleuve Noir, 300 pages, 2007, 18,50 euros.
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Bubbles s’enflamme, de Sarah Strohmeyer, éd. Fleuve Noir, 384 pages, 2007, 16,50 euros.
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People or not people, de Lauren Weisberger, éd. Pocket, 512 pages, 2007, 7,10 euros.
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Envies de fraises, de Jennifer Weiner, éd. Pocket, 512 pages, 2007, 7,10 euros.
California girls, Mecs, mode d’emploi, de Hailey Abbott, éd. Fleuve Noir, 196 p., 2007, 7,50 euros.
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Le club de l’adultère, de Tess Stimson et Régina Langer, éd. Presses de la Cité, 384 pages, 18,80 euros.
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Anne-Flore GASPAR
Adresse utile :
Un portail complet sur les livres et les auteurs de chick lit, avec des commentaires de lectrices : www.chicklit.fr

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