A deux, on vit plus vieux !

Une étude menée par l’Insee révèle que les personnes en couple vivent plus longtemps que celles étant seules. Restons En Forme vous dévoile les secrets d’une vie longue, longue, longue…
Situation : célibataire, veuf, divorcé, marié ? Rappelez-vous cette petite case sur les formulaires administratifs. Une case qui peut influencer jusqu’à votre risque de mortalité ! En effet, d’après une étude de l’Insee*, la situation conjugale et les risques de mortalité sont intimement liés. Ainsi, ceux qui n’ont jamais vécu en couple décèdent plus vite. En cause : un mode de vie (professionnel, familial, médical) plus chaotique.
C’est aussi une question de hiérarchie sociale
D’abord un constat : parmi les 40-90 ans, 80 % des hommes vivent en couple contre 65 % des femmes. Cela tient du fait que, veufs, divorcés ou simplement séparés, les hommes ont tendance à se remettre avec une femme plus jeune tandis que les veuves, elles, préfèrent rester seules. La formule “ Jusqu’à ce que la mort nous sépare ” n’a visiblement pas le même sens pour les femmes que pour les hommes.
Mais l’amour n’est pas seulement une question de promesse, de fidélité ou encore de veuvage mais bien de hiérarchie sociale. Et là on découvre un système très mal rodé… En effet, n’avoir jamais vécu en couple est plus fréquent en bas de l’échelle sociale pour les hommes, et en haut pour les femmes. La taille des revenus ne garantit donc pas la taille de l’amour du conjoint… De plus, fragilisés et esseulés, ces personnes verront leur état de santé se dégrader plus vite que d’autres.
Entre 40 et 60 ans, le risque de mortalité d’un célibataire est de 1,8 fois plus élevé
Vous êtes jeune, en pleine forme… mais seul ? Dommage pour vous ! Car, malgré deux points positifs sur trois, vivre au quotidien sans chéri(e) augmente le risque de décéder plus jeune. Ainsi, les hommes entre 40 et 60 ans n’ayant jamais fait l’expérience de la vie à deux souffrent d’une mortalité supérieure à celle des hommes en couple. Pour parler statistiques : si vous êtes un homme de 45 ans vivant seul, vous aurez 1,8 fois plus de “ chances ” de mourir que votre frère, marié avec trois enfants, un chien, une voiture décapotable, une femme qu’il aime et une piscine. Bonne nouvelle (ou presque !) : le risque baisse dès que vous entrez dans la classe d’âge 50 - 60 ans. Le rapport des risques diminue jusqu’à 1,4 pour les hommes et 1,7 pour les femmes.
Saluons tout de même les veufs et séparés, bien chanceux : esseulés, ils sont aussi fragiles que les célibataires endurcis. Cependant, s’ils se remettent en couple, ils retournent immédiatement dans un environnement aussi favorable que ceux qui n’ont connu qu’une seule union.
Vers 80 ans, la tendance s’inverse !
Désespérément seul ? Même votre chien a préféré se suicider plutôt que de passer Noël avec vous ? Rassurez-vous : vers 80 ans, les femmes qui n’ont jamais vécu en couple peuvent espérer vivre plus longtemps. Petite remarque : elles sont à égalité avec celles ayant eu plus de deux enfants. Eh oui, c’est là un signe de bonne santé ! Mais ne nous égarons pas… L’équation se complique : oui, les personnes seules meurent davantage que celles qui vivent en couple. Mais celles qui n’ont jamais vécu cette expérience de la vie à deux sont aussi chanceuses que les personnes mariées. A partir de 80 ans, ils reprennent l’avantage sur la course contre la mort (je rappelle néanmoins, pour ceux qui ne connaissent pas les règles de ce jeu, qu’à la fin tout le monde perd !). Le célibat continu n’est donc pas si mal que ça… si vous avez survécu jusqu’à 80 ans. Quoique… A bien y réfléchir, est-ce vraiment un avantage ? Pas si sûr !
* Etude parue en août 2007, de Rachid Bouhia, Insee, division enquêtes et études démographiques.
Vanessa Gohy

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