Phobies : ces peurs irraisonnées

Une frayeur ponctuelle et contrôlable n’a rien à voir avec ces attaques de paniques irrationnelles que constituent les phobies. Mais entre la peur des chiens et la peur des autres, il y a un fossé immense. Car la phobie peut être une simple gêne comme un immense handicap.
Phobie ou anxiété : quelle différence ?
Expérience émotive, l’anxiété est le signe d’une préoccupation, d’une appréhension, d’une crainte de quelque chose dans la situation présente ou à venir. L’objet de cette anxiété étant facilement identifiable par quelques questions, il n’est donc pas occulté et vous pouvez facilement y faire face. Le mécanisme est simple : avec une pleine conscience de votre crainte, soit votre anxiété disparaît, soit vous trouvez des stratégies pour passer à travers et la surmonter.
Quelquefois, l’anxiété peut toutefois revêtir une manifestation anormale. L’inquiétude que l’on ressent peut être disproportionnée par rapport à l’événement déclenchant, empêchant toute adaptation à l’évènement, ou survenir sans raisons apparentes. L’anxiété devient alors une angoisse qui elle-même se transforme en peur mais une peur irraisonnée. Suivent des attaques de panique face à un stimulus précis (phobie spécifique), une terreur irrationnelle des situations en public (phobie sociale) ou une peur insensée de se retrouver dans des espaces trop peuplés dans lesquels on ne pourrait pas trouver de secours, ou loin de son domicile (agoraphobie).
Les différentes phobies
Les phobies spécifiques
Comme 7% de la population, vous souffrez de phobie spécifique (ou phobie simple) quand votre peur (votre attaque de panique plutôt !) est provoquée par un stimulus précis (avion, chien, araignée, sang…) ou une situation particulière (être en retard au travail, se retrouver dans le noir…) sans être handicapante dans votre vie quotidienne.
En effet, sachant exactement ce qui lui fait peur et s’avère menaçant, la personne souffrant de phobie spécifique adopte des comportements d’évitement. Il lui suffit, pour bien vivre avec sa phobie, de contourner l’objet de l’angoisse.
Certaines personnes acceptent même de vivre, bien qu’avec une crainte intense, certaines situations incontournables, aidées par des calmants, des gris-gris, des rituels…
Les phobies spécifiques les plus courantes sont celles du sang(hématophobie), des microbes (microbiophobie), des hauteurs (acrophobie), des araignées (arachnophobie), des vols aériens (aviophobie), des vomissements (émétophobie) et des ascenseurs (aseptophobie).
Les phobies sociales
Les phobies sociales les plus fréquentes sont de parler devant un groupe, d’entretenir une conversation, particulièrement avec un inconnu, voire de parler au téléphone, manger ou boire devant des personnes qui regardent ou participer à des activités où il pourrait y avoir un auditoire.
Ces phobies qui touchent 13 à 14 % de la population sont donc assez gênantes dans la vie courante.
L’agoraphobie
Au quotidien il est difficile voire impossible pour les agoraphobes de se retrouver dans une foule ou une file d’attente, sur un pont, dans un train, une voiture ou de sortir de chez eux (ou alors avec un accompagnant).
Pour soigner une phobie, une seule solution : une thérapie cognito-comportementale qui consistera à exposer la personne phobique à sa peur, d’une manière progressive et très douce pour ainsi lui montrer qu’elle peut affronter la situation sans danger.
Mais quand on est phobique on le sait : rien de plus difficile que de rationaliser sa peur.
Chloé Barthe
Le saviez-vous
- Le fait d’avoir des phobies multiples s’appelle la polyphobie.
- Environ 14 % des adultes seront aux prises avec une phobie au cours de leur vie.

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