Le Site du Bien Etre Pour Tous

Stéphanie Lapointe, une nouvelle étoile de la pop…



Ouvrez grand les oreilles et laissez-vous bercer par les mélodies pop de cette chanteuse québécoise. Son premier album, ” Sur le fil “, est sorti en France en avril. Interview d’une jeune femme qui n’a pas la grosse tête.

Son nom ne vous évoque rien ? Cela risque de changer… Presque trois ans après sa sortie au Québec, le premier album de Stéphanie Lapointe pourrait bien conquérir la France. Cette mine de perles pop et envoûtantes nous touche, à l’instar d’une Emilie Simon ou d’une Keren Ann. De passage à Paris après une halte en Afrique, Stéphanie Lapointe a accepté de répondre à nos questions.

Restons en Forme : Lauréate de la Star Ac québécoise en 2004, vous avez sorti cet album au Québec en 2005. Qu’avez-vous fait pendant un an ?

Stéphanie Lapointe : J’ai participé aux auditions d’un long métrage qui s’appelle Aurore,où j’ai décroché l’un des premiers rôles. Le soir, j’étais en studio et la journée, j’étais sur le plateau ! J’essayais d’écrire après le tournage mais j’avais un planning très chargé. Et il faut bien un an pour faire un album, de sa conception à sa sortie !

REF : Vous avez fait une tournée en 2006 au Québec. Etre en contact direct avec le public après avoir fait du cinéma, cela vous a effrayée ? 

S. L. : C’est clair qu’il y a un décalage entre le personnage que l’on est à la télé (à la Star Academy ou une autre émission) et la personne que l’on est vraiment. Du coup, travailler un an sur l’album et faire un long métrage où je n’étais pas directement face au public m’avait donné le vertige au début des concerts. Mais au fil de la tournée, ça allait beaucoup mieux.

REF : Qu’est-ce qui vous a poussée à retourner vers la musique ? 

S. L. : A la base, c’est ce que je voulais faire, jouer (à 17 ans, elle a participé aux comédies musicales La belle et la bête, Aïda et Once on This Island, ndlr). Quand j’étais petite, je faisais pas mal d’auditions, de castings pour les jeux télé et de comédies musicales, donc j’hésitais déjà entre comédie et musique…

REF : La Star Ac, ça a été le déclic ?

S. L. : Pas vraiment, puisque j’aimais déjà la musique. J’avais juste du mal à assumer le fait qu’au cinéma, tu incarnes le rôle de quelqu’un d’autre, alors que quand tu es sur scène, c’est toi et ta propre démarche qui sont présentés au public. Du coup, j’ai été plongée très tôt dans l’univers du cinéma jusqu’à très récemment, puisque je jouais dans une série télé. Le plus dur quand je suis revenue à la chanson, ça a été de m’entendre…

REF : Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour présenter votre album en France ?

S. L. : Sortir un album en France était intéressant, mais je voulais d’abord travailler chez moi et découvrir mon pays avant d’en découvrir un autre. Et faire toute la tournée en 2006 a demandé un très gros investissement… J’ai fait beaucoup d’arrangements et de retouches, j’ai changé le spectacle deux fois complètement, avec l’impression d’avoir donné un nouveau souffle à cet album. Et puis, le fait d’avoir attendu m’a fait gagner en expérience. J’étais mieux préparée pour les concerts mais aussi les interviews.

REF : En France, pensez-vous que vous serez cataloguée d’emblée comme gagnante de la Star Academy ?

S. L. : Je ne sais pas… C’est vrai qu’en sortant de la Star Ac, si j’avais fait l’album en trois semaines, ça aurait probablement été le cas. J’ai pris le temps de faire ma place, et c’est peut-être ce qui nous différencie, les membres qui perdurent. On trouve aussi un réel sens à ce qu’on veut faire.

REF : Votre premier album est envoûtant, mélancolique et posé. Il vous ressemble ? 

S. L. : Probablement. Au moment où j’ai fait l’album, je devais être dans cet état d’esprit. Le prochain album sera différent, il reflètera plus l’humeur dans laquelle je suis maintenant. En tout cas, il y aura beaucoup d’arrangements et de cordes. Je me suis donné comme rêve de ne jamais utiliser les ordinateurs pour modifier la musique et ma voix.

REF : Quel est le thème principal de votre album ?

SL : Mon expérience récente m’a lancée dans une autre étape de la vie, celle où l’on quitte sa vie d’enfant pour devenir adulte. C’était vraiment le thème de cet album. L’idée de Sur le fil, c’est qu’on se balance, on ne sait jamais trop ce qui va suivre…

REF : Beaucoup de morceaux sont écrits à la première personne. C’est une part d’intimité que vous livrez ?

S. L. : Oui, en général. J’oublie, par exemple, c’était un peu une chanson faite sur mesure. J’ai fait une liste de mots dont je voulais parler et je l’ai transmise à Dave Richard, qui l’a écrite. Elle parle de l’âge adulte, où l’on oublie les souvenirs, notre premier amour… On a retravaillé le texte au moins une trentaine de fois !

REF : Votre album mélange des sonorités folk, acoustiques, classiques, pop… Quelles sont vos influences ? 

S. L. : Je me souviens que j’écoutais beaucoup Keren Ann à ce moment-là, Björk, Portishead… Les réalisateurs avec qui je travaillais écoutaient beaucoup Feist, et ils m’ont fait découvrir des groupes électro. J’écoute aussi Matthieu Boogaerts, Camille, Benjamin Biolay, Emilie Simon…

REF : Vous étiez au Darfour récemment et vous êtes ambassadrice de l’Unicef au Québec. Parlez-moi un peu de votre engagement…

S. L. : J’ai travaillé avec Care Canada, une ONG de chez nous. On est allé en Tanzanie il y a quatre ans, j’ai fait le Kilimandjaro… Ça a vraiment été mon introduction à l’Afrique. Cette année, j’ai été appelée en août par l’Unicef, qui cherchait une ambassadrice. Je voulais travailler avec une ONG mais prendre le temps de monter des vrais projets, pas seulement de prendre le micro et de faire des tournées de promotion partout ! J’avais vraiment envie d’être sur le terrain et de connaître mon sujet, et j’ai eu l’idée de faire un long métrage avec des réalisateurs que je connaissais. L’idée, c’était d’aller au Darfour puis d’assister des jeunes des camps de réfugiés dans la réalisation de courts métrages : eux réalisent leurs propres courts métrages et nous on les guide, en faisant un long métrage autour de ça. On s’est dit que les gens commençaient à être fatigués d’entendre parler du Darfour, alors peut-être que cette idée leur donnerait une autre image…

REF : Vous pourriez concilier musique et engagement par la suite ? 

S. L. : J’ai fait une grosse tournée avec Care Canada, puis je n’ai rien fait jusqu’à ce projet de long métrage. Mon envie n’est pas d’être toujours drapeaux levés, et je ne pense pas que j’assumerais ce rôle. Mais faire un film en mélangeant l’artistique avec mon engagement pour faire passer un message l’est déjà plus.

 

Propos recueillis par Christelle Assenarre

 

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (1 vote(s), Moyenne: 5 sur 5)
>
Loading ... Loading ...

A lire aussi...


Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,