
Ceux pour qui le mot « géant vert » n’évoque que le maïs ont intérêt à bien
se tenir : Hulk revient en force sur les grands écrans dans une nouvelle adaptation de la bande dessinée Marvel.
Film américain
De : Louis Leterrier
Avec : Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth
Genre : Super héros
Durée : 1 h 52
Date de sortie française : 23 juillet 2008
Synopsis
Lors d’une expérience scientifique, Bruce Banner a été en contact avec des radiations gamma. Depuis, chaque fois qu’il s’énerve et perd le contrôle, il se transforme en géant vert qui détruit tout sur son passage. Traqué par l’armée américaine, le scientifique vit incognito au Brésil et travaille dans une fabrique de sodas. Il continue ses recherches dans l’espoir de se débarrasser enfin du monstre qui sommeille en lui. Mais le général Thunderbolt Ross, qui souhaite utiliser Hulk à des fins militaires, est sur ses traces.
Notre avis
Cet été, Marvel nous en remet une couche avec pas moins de trois nouveaux films de super héros. Alors qu’Iron Man a fait un carton au box-office et que le très attendu Batman de Christopher Nolan se profile, c’est au tour du géant vert Hulk d’envahir le grand écran. Il y a cinq ans, Ang Lee, qui a depuis réalisé Le secret de Brokeback Mountain, avait adapté le comics sur grand écran. Une tentative peu convaincante malgré un budget colossal. L’exercice a cette fois été confié à un Français, Louis Leterrier, qui s’était notamment fait remarquer en dirigeant Jason Statham dans le Transporteur. Pour incarner Bruce Banner, le scientifique qui se transforme en monstre incontrôlable, Edward Norton succède ici à Eric Banna.
Alors que dire de ce nouveau produit cinématographique issu des laboratoires Marvel ? On retiendra les décors magnifiques d’une favela brésilienne, quelques courses-poursuites à couper le souffle et les transformations spectaculaires de Bruce Banner en Hulk. Louis Leterrier connaît la formule du film de super héros par cœur : de l’action, de l’action et encore de l’action. Pendant près de deux heures, le géant vert broie de la tôle au kilomètre avec une préférence toute particulière pour les véhicules de l’armée.
En bon professionnel, le réalisateur ajoute une couche de sentimentalisme (une histoire d’amour impossible) pour adoucir le côté rugueux et faire passer le tout. Une recette on ne peut plus conventionnelle qui ravira les adeptes du genre mais laissera probablement les autres sur leur faim.
Hulk est un personnage atypique parmi les personnages Marvel, une sorte d’anti-héros qui détruit tout sur son passage. Contrairement à Bruce Wayne (Batman), Tony Starks (Iron Man) ou Peter Parker (Spiderman), Bruce Banner ne choisit pas la transformation mais la subit. Pour faire le bien, il doit tuer la colère qui sommeille en lui et non l’exploiter.
En s’appuyant habilement sur les spécificités de son personnage (le côté bad boy, fêtard), Jon Favreau avait réussi à nous livrer un Iron Man à la fois spectaculaire et drôle. Louis Leterrier, lui, réalise un film de super héros tout ce qu’il y a de plus classique. Le résultat manque de piquant. Comme son prédécesseur Ang Lee, le réalisateur privilégie le spectaculaire et la démesure. Hulk fait cinq fois la taille de Bruce Banner et ne lui ressemble absolument pas. On a l’impression qu’il s’agit de deux personnages différents. Avec un monstre un poil plus humain, Louis Leterrier aurait pu recentrer le film sur la dualité de son personnage et donner de la profondeur à son adaptation. Manqué. La scène finale du film ouvre néanmoins une brèche vers une suite intéressante. On attend donc le second volet.
David Rich
