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Divorce party : halte aux idées reçues !

Divorce party : halte aux idées reçues ! Divorce party : halte aux idées reçues !

La voisine organise une fête… de divorce ? Vous pariez que les pompiers vont débarquer, alertés par les cris hystériques de ses copines et les photos en feu de son ex-mari. Et si cela ne se déroulait pas tout à fait comme ça ? Décryptage de cette nouvelle mode avec Patricia Delahaie, sociologue.

Ils ont fêté leur enterrement de vie de célibataire, leurs noces, la baby-shower de madame, leur anniversaire de mariage… puis leur divorce. Importée des Etats-Unis, la mode de la divorce party est arrivée en France il y a quelques années. Et a atterri dans des soirées de filles… plutôt aisées. Pour Patricia Delahaie, auteur de Comment guérir du mal d’amour*, “ c’est un phénomène très marginal ”, encore peu pratiqué, mais beaucoup critiqué ! Zoom sur les six préjugés capitaux.

Une fête organisée par des militants anti-mariage…

Le préjugé : Après avoir enterré leur vie de célibataire, ils la déterrent… et ressuscitent. Pour eux, y a pas à dire, on respire mieux sans corde au cou !
La vérité : Non, ils ne posent pas un acte “ anti-mariage ”. Ni un acte anti-amour tout court. Certes, ils n’ont pas réussi à s’aimer pour le meilleur et (surtout) pour le pire toute leur vie. Mais ces nouveaux solos ne désespèrent pas de reformer un duo. Pendant ces soirées, “ on passe en boucle des chansons d’amour ”, remarque Patricia Delahaie. Et les plus rapides profitent même de cette petite sauterie pour sortir au grand jour leur nouvel(le) amoureux(se).

… ou par des militants pro-divorce

Le préjugé : Il faut vraiment avoir un cœur de pierre pour pouvoir faire la fête ce jour-là. Ou alors penser que le divorce n’est/ne fait pas si mal…
La vérité : Il ne s’agit pas de célébrer ou de minimiser le divorce, qui reste, pour les deux ex, un échec personnel et une grande souffrance. “ Mais de le dédramatiser ”, explique Patricia Delahaie. Et c’est bien parce que c’est dur qu’il faut marquer la rupture. “ On a parfois besoin de poser des actes symboliques pour quitter une vie et rebondir. ” Certains changent d’appartement ou d’apparence, d’autres choisissent la divorce party comme thérapie.

Au dessert, on ramasse les ex-divorcés à la petite cuillère

Le préjugé : Les divorce party ? Un concept pas très écolo-friendly ! A raison de quatre paquets de mouchoirs en papier par heure pour éponger les pleurs…
La vérité : Personne ne dit qu’un divorce n’est pas triste. Mais entre le moment où mari et femme décident de se désunir pour la vie, et celui où ils signent en bas de la page, des mois ont passé, parfois mêmes des années. “ Le travail de deuil est déjà – en partie – réalisé ”, note la sociologue. Et les divorcés, qui n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer, ont retrouvé leur bouche pour sourire. Et pour parler d’une autre vie possible.

Il ne fait pas bon être un homme dans ce genre de fêtes

Le préjugé : L’ex-mari a plutôt intérêt à emballer ses photos dans ses cartons. Pour éviter qu’elles ne servent de bois pour le feu ou de cible à fléchettes…
La vérité : Vos a priori se justifient parfaitement… mais aux Etats-Unis. Pas en France ! Les Américaines ne parviennent pas à noyer leurs mauvais souvenirs dans des litres (et des litres) d’alcool ? Qu’à cela ne tienne, elles s’attaquent à la source du problème. Elles mettent le feu aux photos de leur ex, déchirent leurs chemises, repeignent en noir leur robe blanche… “ La divorce-party à l’américaine est plus revancharde : on démonte la pièce montée et on brûle son mariage, explique la sociologue. Les féministes sont plus puissantes et plus anti-hommes qu’en France. ” Sans compter qu’avec les délais administratifs français, la colère a largement le temps de retomber.

Il ne fait pas bon être un ami des deux parties

Le préjugé : Les deux ex se déclarent la guerre par camarades interposés. Et arrosent (de champagne) le bon camarade qui ralliera son camp.
La vérité : Sur la liste des invités : les vieux amis qu’on ne veut pas rayer de sa nouvelle vie, les petits nouveaux qui nous entraînent vers l’avenir… et les copains communs qui servent de lien entre les deux. Et non pas de terrain de combats entre monsieur et madame ! Second effet de l’invitation : “ remercier les amis qui ont accompagné le mari et la femme, dans la vallée des larmes ”, explique Patricia Delahaie. Et ont joué pendant des mois un rôle ingrat : “ Ça prend du temps, c’est difficile, on donne des conseils inutiles… ”

On fait la fête… pour faire la fête !

Le préjugé : Après la fête des grands-mères, des voisins et des cousins, ils ne savaient vraiment plus quoi inventer !
La vérité : Plus qu’une fête, la divorce party (ou D. P.) est un vrai rituel. Pour Patricia Delahaie, “ toute période phare est marquée par un rite de passage. Et quand on en manque, on en invente ”. Ça, c’est dit ! Maintenant… Musique d’ambiance et piste de danse : les divorce party se rapprochent plus du festif que du dépressif. Et impossible de nier que le marketing surfe sur la déferlante des divorces et sur notre désir de fêtes pour faire du business…

 

* Leduc.s Editions, mai 2008.

 

Florence Martin

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