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Fabriquer son batik



Fabriquer une jolie tenture, c’est très simple : un peu de dessin, de coloriage, une bonne lessive et le tour est joué.

Il suffit d’un après-midi ludique pour orner les murs de votre salon à prix modique. Mode d’emploi Importés d’Asie ou d’Inde, les batiks sont une solution commode pour décorer un intérieur. Lavables et légères, ces tentures peintes peuvent recouvrir des surfaces considérables et cacher ainsi les défauts d’un mur défraîchi. Les scènes naïves et colorées qu’elles décrivent égayent considérablement votre humeur et votre mobilier. S’il était possible de se procurer ici le quart des produits proposés par les artisans sur les marchés de Thaïlande ou de Malaisie, le recours aux batiks serait une solution idéale. Seulement voilà : les tentures hors de prix proposées par les boutiques d’importation françaises sont souvent extrêmement communes. Leurs motifs géométriques simplistes et leurs couleurs ternes lassent vite le regard.

Fabriquer des batiks originaux : une solution économique et divertissante

Qu’à cela ne tienne : mettez-vous à la peinture et réalisez vos propres compositions. Fabriquer un batik est loin d’être sorcier. Avec un matériel adapté et un peu de pratique, on parvient rapidement à créer des images élaborées. Ludique et économique, cette solution permet d’occuper joyeusement des après-midi en famille tout en bouleversant la décoration du salon.

Principe de fabrication

Fabriquer un batik consiste à peindre une toile en coton avec une peinture à l’eau composée de pigments naturels et à fixer ensuite le motif réalisé par l’application d’un fixateur de couleurs.

Le coton étant une matière extrêmement poreuse, les couleurs, qui se répandent par capillarité, débordent des zones attribuées et se mélangent sur la toile. Si on les applique sans précautions, le motif tend alors à disparaître dans un amas informe et multicolore. Pour éviter cette confusion et réaliser des figures complexes, les artisans ont élaboré un processus simple, à la base de la technique du batik. Il s’agit de délimiter, sur la toile tendue, chaque zone du dessin avec une ligne de cire. Ces lignes serviront de frontières et empêcheront les couleurs appliquées ensuite de se répandre en dehors des zones que l’on leur a attribuées.

Finalement, réaliser un batik consiste à tracer à la cire sur la toile tendue les contours d’un dessin qu’on a préalablement réalisé au crayon. Cette opération, qui se fait avec un applicateur, rappelle l’écriture d’un « Joyeux anniversaire » sur un gâteau avec de la crème coulant d’un pochoir. Ensuite, il ne reste qu’à remplir les zones délimitées avec les couleurs choisies : c’est du coloriage. Et enfin, à enlever la cire et fixer les couleurs : une bonne lessive ! 

Ce qu’il vous faut   

  • Une toile, bien sûr. N’utilisez que des tissus composés de fibres naturelles : coton, mousseline, toile et soie. Les fibres synthétiques ne résistent pas à la chaleur de la cire et absorbent mal les couleurs. Sachez que plus le tissus est épais, plus la peinture est difficile à répartir sur son tissage, grossier. Ils est donc conseillé aux débutants de s’entraîner tout d’abord sur des moreaux de tissus petits et fins, comme des mouchoirs par exemple. Si le résultat est exceptionnel, il sera ensuite possible de le coudre, façon patchwork, sur une toile plus grande, voire un vêtement ou un sac : les batiks peuvent aider à se créer un look sympa également !   
  • Un cadre en bois, sur lequel fixer la toile. Vous pouvez l’acheter dans un magasin de beaux arts ou le fabriquer vous même avec quatre morceaux de bois et quelques clous. Pour fixer la toile sur le cadre, utilisez un bâton de cire ou une agrafeuse.
  • Des pinceaux, pour appliquer la peinture. De la brosse épaisse au petit pinceau rond et fin.
  • De la peinture. L’idéal étant d’acheter des pigments naturels en poudre, à mélanger avec de l’eau. Par défaut, de la peinture pour soie ou de la simple gouache font l’affaire. Les trois couleurs primaires (magenta, cyan, jaune) et le noir suffisent.
  • Un mélange de 50% de cire d’abeille et de 50% de paraffine, qu’il faudra faire fondre dans une casserole. Les malins pourront s’équiper d’un vieil appareil à fondue récupéré dans une brocante, qui gardera la cire à température constante pendant tout le processus d’application.  
  • Des applicateurs pour la cire : ils se présentent comme une sorte de pochoir métallique équipé d’un manche en bois. On y glisse la cire, liquide, par l’opercule situé sur le dessus. Celle-ci coule ensuite progressivement par l’embout qui termine l’accessoire. Pour s’en procurer, il convient de s’adresser à un magasin spécialisé en beaux arts. Trois tailles sont nécessaires : large, pour les grosses bordures et les toiles épaisses, moyen et petit, pour les détails.
  • Du fixateur de couleur pour tissus à base de Silicate de sodium, qui se présente comme un liquide visqueux.
  • Une grande marmite enfin, susceptible de contenir votre œuvre.   

Mode d’emploi

  • Commencez par tendre la toile sur le cadre, qui délimite la surface de travail. Agrafez-la sur le support ou frottez un bâton de cire sur le bois (pour l’adhérence) avant d’y coller le tissu.
  • Sur la toile, tracez votre dessin au crayon à papier. Dans un premier temps, concevez des motifs simples. Délimitez bien les zones de couleurs : il est important que chacune ait sont emplacement clos, bien distinct des zones voisines.
  • Faites chauffer la cire à feux doux. La température doit être assez chaude pour que le mélange soit parfaitement liquide mais suffisamment tiède pour écarter tout risque de brûlures.
  • Glissez la cire dans l’applicateur le plus gros. Tracez, cinq millimètres avant le rebord du cadre, le contour du batik. Il délimitera la couleur du fond. Posez ensuite les traits les plus gros puis, en changeant d’applicateur, occupez-vous des détails. L’applicateur s’utilise comme un stylo. Si la cire est assez chaude, elle coule toute seule, régulièrement. Pour arrêter le flot, il suffit d’orienter l’embout de l’applicateur vers le haut. Avec la pratique, vous réussirez à poser des lignes de plus en plus fines.
  • Attention ! Il est primordial de ne jamais interrompre une ligne et de toujours bien fermer chaque zone de travail. Toute la réussite de votre batik dépend de cette opération ! S’il y a la moindre ouverture, la couleur fuira dans la zone voisine et les tons se mélangeront.
  • Une fois la cire refroidie, appliquez les couleurs sur les motifs. Commencez par les tons les plus clairs et terminez par les tons les plus foncés.  
  • Lorsque tout est sec, appliquer le fixateur de couleurs sur la peinture avec une large brosse sur toute la surface de travail. Laissez sécher.
  • Décollez enfin la toile de son cadre et plongez-la dans l’eau bouillante quelques minutes. La cire fondra et il ne restera qu’un joli motif coloré et personnalisé !

Louis Bachelet

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