GAL
Film espagnolDe : Miguel Courtois
Avec : José Garcia, Natalia Verbeke, Jordi Molla, Bernard Le Coq
Genre : Drame
Durée : 1h 45
Date de sortie française : 7 mai 2008
Synopsis
Au début des années 80, en Espagne, alors que l’ETA multiplie les attentats meurtriers, une organisation tout aussi violente, connue sous le nom de GAL (Groupe anti-terroriste de libération), tente de mettre fin au terrorisme. Au terme d’une longue investigation, deux journalistes espagnols prouveront qu’il s’agit d’une organisation fondée par le gouvernement.
Notre avis
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Miguel Courtois est un cinéaste engagé. Cet ancien photographe de mode a notamment réalisé El Lobo (2004), l’histoire vraie d’un agent secret espagnol infiltré dans l’ETA, ainsi qu’un documentaire sur les attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Avec GAL, il se plonge à nouveau dans son sujet de prédilection, le terrorisme espagnol.
Le film démarre sur les chapeaux de roue. L’ambiance du début des années 80 est bien recréée, entre images vieillottes et couleurs flashy. Miguel Courtois nous offre une reconstitution minutieuse et détaillée.
Si José Garcia est parfaitement à sa place dans le rôle du journaliste espagnol, l’autre Français du casting, Bernard Le Coq, est un choix plutôt surprenant pour incarner le président Felipe Gonzalez. Mais la révélation du casting vient d’ailleurs. L’acteur espagnol Jordi Molla est formidable dans la peau du missionnaire du GAL. Avec ses cheveux gominés, ses bijoux et son train de vie royal, c’est l’archétype du mafioso. S’il se croit tout puissant, il n’est en fait qu’un pion manipulé par le gouvernement. Le spectateur l’observe perdre pied, petit à petit, à mesure que ses supérieurs l’abandonnent. Ses accès de colère incontrôlables n’y changeront rien.
Le challenge était de taille : faire connaître au monde un scandale d’Etat passé sous silence à travers l’enquête de deux journalistes. Même en étant très attentif, le spectateur lambda ne saisira probablement pas toutes les subtilités du récit. Miguel Courtois est perfectionniste et a le souci du détail. Un peu trop même. Au final, il ne parvient pas à atteindre son objectif, rendre un chapitre historique complexe accessible au plus grand nombre. On perd parfois le fil, à cause des trop nombreux personnages et d’une narration pas toujours très claire.
GAL demeure néanmoins un bel hommage aux journalistes qui se sont battus pour faire éclater la vérité. Un long métrage très documenté et porté par des acteurs à la hauteur.
David Rich


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