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Ils forment un couple libre

Ils forment un couple libreIls forment un couple libre

Pierre et Barbara s’aiment. Leur vie ressemble à un conte de fées. Mais, parfois, ils vont voir ailleurs. Ces aventures extraconjugales ne détruisent pas leur couple. Elles sont pour eux le secret de l’amour éternel.

Ils se sont rencontrés il y a bientôt douze ans. A l’époque, Pierre sortait d’une histoire passionnée, le cœur brisé. Barbara, elle, n’avait que 18 ans. Elle n’était encore jamais tombée amoureuse. Le coup de foudre a été immédiat. Mais des circonstances particulières ont compliqué leur histoire. Pour les surmonter, ils se sont accordé le droit d’être infidèles. A la terrasse d’un café parisien, ce couple de jeunes trentenaires apparemment ordinaire nous confie son mode de fonctionnement original.

Restons en Forme : Quelles sont les raisons qui vous ont poussés à être un couple libre ?

Barbara : En fait, je crois qu’on en est venus là par la force des choses. Quand on s’est rencontrés, on n’habitait pas dans la même ville. J’étais dans le Midi et Pierre étudiait à Tours. La distance a fait qu’on ne voulait pas d’une vraie relation…

 

Pierre : TU ne voulais pas d’une relation ! (rires)

 

Barbara : C’est vrai. Pierre a été mon premier. Je voulais connaître d’autres hommes. A chaque fois qu’il venait passer le week-end dans le Sud, c’était merveilleux. Mais dès qu’il repartait à Tours, je déprimais et je lui téléphonais pour rompre…

 

Pierre : Alors on s’est dit que le mieux, c’était d’avoir une sorte de relation à mi-temps… Ce choix nous a permis de vivre notre histoire sereinement et de surmonter notre peur de l’engagement.

REF : Quant vous avez emménagé ensemble, pourquoi n’êtes-vous pas revenus à une relation traditionnelle ?

Pierre : Autour de nous, des couples se sont déchirés après avoir découvert que l’un ou l’autre avait été voir ailleurs. De mon point de vue, ce n’était pas l’infidélité qui avait brisé leur relation, mais le mensonge. Celui qui avait été trompé n’arrivait pas à pardonner que l’autre ait mené une double vie dans son dos. Mais la monogamie est contre-nature. On ne peut pas demander à quelqu’un de refreiner ses pulsions toute sa vie. A un moment ou à un autre, on finit par y céder. Personnellement, je ne voulais pas mentir à Barbara sur ce point. 

 

Barbara : Quand notre histoire est devenue plus sérieuse, j’ai eu envie d’une relation traditionnelle… Je vivais mal les infidélités de Pierre, mais il ne m’a pas trop laissé le choix. Si je voulais rester avec lui, ça faisait partie du contrat. Dès qu’on s’est installés ensemble, j’y ai pris goût pourtant. Quand il a débarqué dans mon petit studio avec tout son bordel, j’ai étouffé. On a traversé une crise et je pense qu’à ce moment-là, le fait pour chacun d’être allé voir ailleurs nous a permis de prendre du recul sur notre relation et d’évaluer la valeur de notre complicité.

REF : Comment gérez-vous la jalousie ?

Pierre : La jalousie, c’est juste un sentiment d’insécurité. Les gens sont jaloux parce qu’ils ne se sentent pas sûrs d’eux. Ils se comparent à ceux qu’ils envisagent comme des rivaux et ils ont peur de perdre leur partenaire. Mais si le couple est solide, cette comparaison n’a pas lieu d’être. Les relations extraconjugales ne concurrencent pas la relation du couple. Elles l’enrichissent. Barbara est la femme de ma vie. Sans elle, je me sens perdu. Elle est incomparable et je n’ai jamais mis aucune autre femme sur le même plan.

 

Barbara : Ça, c’est le discours rationnel (sourires). Bien sûr, il nous arrive d’être jaloux ! Même si on est plutôt sûrs de nous, c’est un sentiment qu’on ne peut pas toujours contrôler. Je pense même que parfois, on joue avec le feu. Les couples capables de fonctionner comme le nôtre sont rares. La règle, c’est que dès que l’autre est jaloux, on arrête tout : il ne faut pas se faire souffrir. Sans le consentement de Pierre, je ne pourrais pas aller voir ailleurs. Je lui manquerais de respect. 

REF : Après dix ans de vie commune, vos écarts sont-ils toujours aussi fréquents ?

Pierre : Avec le temps, on s’est calmés bien sûr… Je crois même qu’on est plus fidèles que beaucoup de couples “ classiques ” (rires). Forcément, quand ce n’est pas interdit, c’est moins drôle !

 

Barbara : Ça dépend des périodes je pense… Récemment, j’ai trouvé un emploi à Paris. Pierre a dû rester dans le Sud et, pour le moment, on se voit les week-ends… Je vis plein de choses nouvelles, alors cette situation me plaît. Mais lui se sent un peu abandonné. Alors je m’autocensure. Je ne veux pas en rajouter. Il y a deux ans, c’est moi qui ne me sentais pas très bien dans ma peau. J’étais au chômage et je suis contente qu’il se soit exclusivement concentré sur notre relation à ce moment-là pour m’épauler. 

REF : Pensez-vous que votre relation soit compatible avec une vie de famille ?

Barbara : On va se marier l’année prochaine. Et on compte bien avoir des enfants dès que possible. Quand nos revenus seront plus stables. Je ne vois pas en quoi notre relation contrarie ces projets.

 

Pierre : Les valeurs que je compte transmettre à mes enfants sont le respect et l’amour. Je pense qu’avec Barbara, nous serons un modèle exemplaire pour eux.

 

Propos recueillis par Elise Grandjean

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