L'addiction sexuelle
Dans les journaux spécialisés people, vous lisez régulièrement que tel ou tel acteur américain suit une thérapie pour cause d'addiction au sexe. Concernant les français, vous n'en entendez jamais parler. L'addiction sexuelle serait-elle une particularité outre-atlantique ? Quand on sait que l'addiction en général désigne « une envie irrépressible et une difficulté ou une impossibilité répétée à contrôler le besoin de l'objet addictif. », on se dit que visiblement cette dépendance peut toucher toute personne qui aurait une prédisposition. L'évolution des moeurs et la libération de la parole concernant le sexe favorisent néanmoins le lever de voile sur le problème de l'addiction sexuelle qui deviendrait un motif de consultation de plus en plus fréquent. Qui est touché par cette addiction ? Qu'est-ce que cela signifie vraiment ? Quelles en sont les causes ? Restonsenforme vous informe... On peut avoir envie de faire l'amour très souvent sans être victime d'une addiction. La distinction se fait uniquement par le phénomène de dépendance. Comme pour la cigarette, le jeu, l'alcool, le sport, le chocolat..., on est assujetti au sexe lorsque l'on ressent des effets de manque : sensation de vide, obsession mentale, douleurs thoraciques, impossibilité de se raisonner, montée d'anxiété. Poussées par une contrainte interne qu'ils ne peuvent maîtriser, les personnes addictives sexuellement consomment du sexe avec excès. Selon les spécialistes, on peut parler d'addiction quand la personne a besoin d'avoir des orgasmes quotidiens de façon abusive (entre 4 et 15 par jour) avec une sensation de manque exacerbée si ce besoin n'est pas comblé. Car il semblerait que l'orgasme soit nécessaire pour chasser la frustration et retrouver le calme. Si vous ressentez juste une pulsion, ce qui est naturel, mais que vous arrivez à vous raisonner sans éprouver d'angoisse alors, vous n'êtes pas un accro du sexe.
Ce trouble touche plus généralement des hommes – plus rarement des femmes –, de tout âges et catégories socioprofessionnelles, qui sont quelquefois polyaddicts, c'est-à-dire victimes de plusieurs dépendances comme le tabac ou le travail. Les mécanismes de l'addiction sont complexes à démonter mais fonctionneraient selon un système de récompense pour ainsi combler un syndrome anxio-dépressif. Cette addiction a toujours existé et n'est pas en augmentation. On en parle juste davantage et plus librement aujourd'hui. Les spécialistes sont d'accord : rien à voir avec les possibilités de stimulation sexuelle qui existent désormais via la télé, internet, les cassettes pornographiques. C'est simplement une levée du tabou et une meilleure connaissance des troubles addictifs qui entraînent une croissance des consultations à ce sujet.
Peu de gens ne sont pas soumis à un produit ou une activité. Mais à partir du moment où cela n'influe pas sur notre vie sociale, notre travail et notre relation aux autres, les dépendances sont bien vécues ou ne se présentent pas comme un problème. Quand on plonge avec abus et que l'on ne peut se réfréner, souvent, on n'est plus capable de mener une vie normale. Les personnes dépendantes du sexe ne peuvent plus le cacher quand les fréquences d'orgasmes qu'il leur faut atteindre deviennent trop importantes. Elles peuvent par exemple quitter leur travail plusieurs fois dans la journée, annuler toute activité, se couper de leurs amis pour pouvoir satisfaire leur besoin. Elles mentent, s'endettent, s'isolent. C'est une compulsion qui va les entraîner dans une spirale infernale qui les fait souffrir, car désociabilisante.
Il ne faut pas se sentir honteux d'être aliéné au sexe. De nombreuses addictions existent. Le sexe est l'une d'elles et se traite comme une dépendance classique en cabinet. Le plus difficile est de reconnaître que l'on est « esclave » du sexe. Cela fait, le travail de guérison peut commencer. Le mieux est de consulter un sexologue ou psychologue également médecin, qui prescrira des médicaments de types anxiolytiques et anti-dépresseurs pour permettre un arrêt ou une diminution de la dépendance dans un premier temps. Parallèlement, il engagera avec le patient une thérapie cognitivo-comportementale. Mais rien ne sert d'attendre d'être dans une situation de grande souffrance pour consulter.