L’hypothyroïdie, ou quand la thyroïde devient paresseuseLa thyroïde est une glande en forme de papillon située à la base de la gorge, sous la pomme d’Adam. Sous rôle pour notre organisme est primordial : en produisant des hormones, la thyroxine (ou T4) et la triiodothyronine (T3), elle régule notre organisme. Rythme cardiaque et neuropsychologique, température du corps… la thyroïde intervient à tous les niveaux. Et quand elle ralentit, les signes cliniques sont manifestes.
- Une fatigue permanente, accompagnée d’un grand besoin de sommeil et d’une forte frilosité : c’est le principal signe de l’hypothyroïdie.
- Une lenteur intellectuelle, souvent accompagnée de pertes de mémoire et d’une lassitude ou paresse cérébrale, voire d’une dépression.
- Un gain pondéral en dépit d’un faible appétit.
- Une chevelure et une peau sèches, une chute de cheveux, des ongles cassants, des troubles de la menstruation et une constipation fréquente montrent également que l’organisme tourne au ralenti.
- Enfin, dans les cas les plus aigus, on observe l’apparition d’un goitre, lié au gonflement de la glande thyroïde, d’ordinaire impalpable.
- En plus de ses symptômes gênants, l’hypothyroïdie peut générer sur le long terme des maladies cardio-vasculaires graves (angines de poitrine, infarctus…). Il ne faut donc pas la prendre à la légère.
Ces dysfonctionnements peuvent être liés à une carence en iode. Ce nutriment est indispensable à la production des hormones thyroxine et triiodothyronine qu’émet la thyroïde. Toutefois, ces cas sont rares dans les pays industrialisés, où la consommation du sel de mer s’est généralisée.
Cette maladie peut aussi apparaître suite à un traitement contre l’hyperthyroïdie (cas où la thyroïde, à l’inverse, fonctionne à plein régime), à une chirurgie destinée à soigner une autre maladie de la thyroïde (cancer, nodule…) ou encore à infection virale ou une maladie auto-immune. Dans ce cas, l’organisme fabriquera des anticorps qui produiront une inflammation et détruiront les cellules de la thyroïde.
Enfin, l’hypothyroïdie peut être causée par un dysfonctionnement de l’hypophyse. Cette glande, située à la base du cerveau, commande toute les autres. En envoyant à la thyroïde une hormone nommée TSH, elle la stimule. Privée de TSH, la thyroïde comprend alors naturellement qu’elle ne doit plus fonctionner.
Relativement fréquents, ces dysfonctionnements surviennent de façon assez aléatoire, si bien qu’il est difficile de prévenir une hypothyroïdie. Néanmoins, certaines personnes sont plus exposées que d’autres. Elles doivent rester vigilantes et contrôler leur thyroïde dès l’apparition des symptômes :
- Les personnes ayant des antécédents familiaux.
- Les femmes de plus de 40 ans et les hommes de plus de 65 ans, chez qui cette pathologie passe souvent pour une dépression et est peu détectée.
- Les femmes enceintes ou ayant accouché récemment. Les bouleversements hormonaux durant cette période peuvent provoquer une hypothyroïdie, la plupart du temps passagère (environ 6 mois). Là encore, ces troubles, confondus avec le fameux baby blues, passent fréquemment inaperçus.
- Les personnes présentant d’autres maladies auto-immunes, comme le diabète insulinodépendant.
- Enfin, les personnes prenant certains médicaments et notamment du lithium.
L’hypothyroïdie se détecte à l’aide d’une simple prise de sang : on mesure le taux de TSH, l’hormone produit par l’hypophyse. S’il est trop élevé, c’est que la thyroïde ne répond pas aux sollicitations de l’hypophyse, qui hausse la voix.
Il est rare qu’une thyroïde fonctionnant en sous-régime se remette d’elle-même à fonctionner normalement. Dans la plupart des cas, le patient devra donc suivre un traitement à base d’hormones de synthèse toute sa vie. Pas de panique, ces hormones remplacent très bien les hormones produites par la thyroïde et les patients atteints d’hypothyroïdie mènent une vie tout à fait normale.
Afin de stabiliser au maximum le taux d’hormones dans le sang, il leur est recommandé de prendre leurs médicaments chaque jour à heure fixe. En cas d’oubli, le médicament peut être pris plus tard dans la journée. Tous les ans, le patient devra refaire une prise de sang afin de mesurer son taux d’hormones et d’ajuster le dosage des médicaments. Une alimentation équilibrée et un mode de vie sportif est recommandé aux patients.
Pour en savoir plus :
le site de l’AMEC (Association des médecins endocrinologues du Québec) explique clairement cette pathologie et propose une bibliographie intéressante des articles médicaux parus sur le sujet www.ameq.qc.ca/hypo.htm
Elise Grandjean