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Les fraternités anonymes

Les fraternités anonymesLes fraternités anonymes

Tout le monde a déjà entendu parler des alcooliques anonymes. Mais savez-vous exactement comment fonctionnent ces associations qui existent partout dans le monde, et en France depuis 1995 ?

Pour sortir de la dépendance (à l’alcool mais aussi à la nourriture) ou pour enrayer ses problèmes émotionnels ou financiers, il existe divers moyens. C’est sur ce chemin de la guérison que se situent les fraternités anonymes. Depuis la création du premier groupe en 1935, le succès de ce genre de thérapies ne se dément pas. On compte à ce jour des milliers de groupes anonymes à travers le monde. Avec un même slogan, universel : “ Ensemble nous pouvons. ”

Alcooliques anonymes mais aussi émotifs ou work anonymes

C’est en 1935 que le premier groupe a été fondé. Le précurseur de cette nouvelle forme de thérapie est Bill W., le premier “ anonyme ” qui cherchait un moyen de soigner sa dépendance à l’alcool. Il fonda plus tard avec son ami Bob le premier groupe des AA (Alcooliques anonymes). Les principales bases et règles qui régissent le groupe sont encore en vigueur.
On connaît tous les alcooliques anonymes. Mais la plupart des gens ne savent pas que, sur cet exemple, de nombreux autres groupes d’entraide pour des dépendances différentes ont vu le jour. Elles sont propres à chaque problème et il en existe une multitude. En voici quelques unes :
- les débiteurs anonymes : s’y retrouvent des personnes en difficulté financières suite à un endettement conjoncturel ou compulsif. Son but : apprendre à mieux contrôler ses finances.
- les émotifs anonymes : les groupes accueillent des personnes ressentant des problèmes émotionnels (angoisse, déprime, etc...) et qui souhaitent les résoudrent ou mieux vivre avec.
- les outre-mangeurs anonymes : les personnes réunies tentent de corriger leurs troubles alimentaires.
- les work-anonymes : l’association accueille des personnes qui ont une relation difficile avec leur travail (hyperactivité, angoisse, besoin de contrôle, etc...).

Des profils très différents

Plusieurs raisons poussent un individu à intégrer une fraternité. Mais il y a un point commun entre toutes les personnes qui les fréquentent : c’est la dépendance, celle qu’ils subissent et qui leur gâche l’existence.
En 2003, le groupe des Alcooliques anonymes a élaboré un sondage pour dresser un portrait du membre AA typique : 51 ans, de sexe masculin (58 %d’hommes), le plus souvent marié ou en couple. Il est actif, majoritairement employé ou cadre. Mais, en réalité, il n’y a pas d’anonyme type : toutes les origines et classes sociales sont représentées. Et on trouve aussi bien des femmes que des hommes et même des enfants.

Des outils communs

Toutes les fraternités fonctionnent sur les mêmes principes et les mêmes règles de base. Elles sont au nombre de quatre.
- l’anonymat : cette règle est intangible.
- la gratuité : les groupes sont financés par les membres. Ceux-ci choisissent de donner ou pas une contribution du montant qu’ils désirent. Cette gratuité peut-être vue comme un pied de nez aux autres thérapies “ payantes ”. D’où un certain succès…
- le parrainage, l’entraide : le rétablissement d’une dépendance implique une culture active de la relation avec l’autre et partant de là, avec soi-même.
- les douze étapes : elles n’ont pas changé depuis la fin des années trente. Elles sont utilisées comme outil thérapeutique dans les centres du monde entier. Elles sont lues à chaque début de réunion et rappellent ce qui rend possible le rétablissement. Elles décrivent les attitudes et les changements de comportements considérés comme essentiels pour s’en sortir durablement. Personne n’est tenu d’accepter les étapes, même de les lire, c’est à chacun de décider quand et comment il en fera usage. Certains mettent parfois plusieurs années à les accomplir. Autre spécificité, elles ne fonctionnent que dans le cadre d’un groupe. Dans la formulation de ces étapes, il est souvent question du mot Dieu. Cette puissance supérieure n’a rien d’ésotérique, elle n’a pas de rapport avec la religion puisque le mot Dieu est régulièrement accompagné de l’expression “ tel que nous le concevons ”. Toutefois, aujourd’hui, certaines organisations souhaitent enlever le mot Dieu de leurs textes, car beaucoup de membres athées les fréquentent.

Une efficacité démontrée par plusieurs études

Comment peut-on vérifier l’efficacité et donc la légitimité de ces groupes ? Outre les nombreux témoignages positifs des membres, certaines études le démontrent indirectement. Ainsi, le projet Match sur l’efficacité des traitements pour l’alcoolisme, en est une. Cette étude a coûté très cher (30 millions de dollars) et a employé une méthodologie rigoureuse, des instruments valides et une analyse statistique rigoureuse. Trois types de thérapies ont été évaluées, notamment celle des douze étapes, jugée efficace pour les personnes très dépendantes à l’alcool.

 

Farida Nouar

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