Les nanocapsules, nocives pour notre peau ?Février 2008. La commission européenne pointe du doigt le manque de nomenclature dans le domaine des cosmétiques. Sont visées en particulier les nanocapsules, que l’on retrouve en grand nombre dans nos pots de crème mais aussi dans les produits anti-âge ou les crèmes solaires. Accusés de passer à travers la barrière défensive de la peau, ces actifs miniaturisés à l’extrême représenteraient donc un danger pour notre santé (cancer, inflammations, etc) contrairement aux microcapsules, de plus grande taille.
Afin de protéger les consommateurs, la Commission européenne a rédigé un code de conduite portant sur les nanotechnologies*. Violette Watine, fondatrice du site www.mademoisellebio.com, a décidé, elle, d’éclairer sa clientèle sur le sujet. Un peu avant-gardiste, elle signale désormais les produits contenant ces fameux actifs.
Violette Watine : Plus la science avance, plus elle se rend compte que nous manquons de recul sur les nanotechnologies. Les industriels ont adopté hâtivement ces molécules pour être toujours plus innovants. Mais, maintenant, les doutes sont importants quant à l'innocuité de telles molécules. Or pour l'instant, il est impossible pour un consommateur de savoir si le produit contient ou non des nanoparticules.
V. W. : Tous les produits peuvent être concernés : de la crème anti-âge à la crème solaire et au maquillage. Et même les produits bio puisque, jusqu’à présent, aucune disposition n'a été prise à ce sujet par les labels bio (à l'exception de la UK Soil Association qui a pris parti contre). Les études accusent ces nanoparticules de provoquer des réactions inflammatoires, d'augmenter le stress oxydatif (une des causes du cancer) et même la toxicité cellulaire. Donc, les doutes sont sérieux.
V. W. : Nous parlons de taille nano et non de taille micro. La taille micro est suffisamment importante pour permettre à la peau de bien faire fonction barrière. Alors que la taille nano est tellement petite que la peau ne filtre plus aussi bien ces molécules. Oui, les nanotechnologies sont accessibles à tous les fabricants de cosmétiques.
V. W. : Le code de conduite volontaire édicté par la communauté européenne est un premier pas en avant. Même si cette mesure demeure encore très faible (ce n'est qu'une incitation pas une contrainte), cela est très encourageant. Elle montre, en effet, l'intérêt croissant des pouvoirs réglementaires pour ce sujet sensible.
V. W. : Je donne le choix à mes clientes. L’idée est de permettre à chacune de faire ses choix en pleine conscience. Ainsi, j’ai enquêté auprès de toutes les marques que je distribue afin de savoir si leurs produits sont composés de nanoparticules. Et là, très bonne surprise : aucune n’a pris cette option. A l’avenir, pour toute nouvelle marque, j’indiquerai si elle est formulée ou non avec des nanoparticules.
Pour en savoir plus :
Texte de la commission accessible sur : http://www.cosmeticsdesign-europe.com/news/ng.asp?id=83198
Le site de Mademoiselle Bio : www.mademoiselle-bio.com
Le blog : http://blog.mademoiselle-bio.com/
Propos recueillis par Vanessa Gohy