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Soulager la migraine

Soulager la migraineSoulager la migraine

Six millions de Français sont migraineux, mais 80% d’entre eux ne prennent pas leur pathologie au sérieux. Avec un traitement adapté pourtant, les maux de tête passent sans que l’on ait besoin de se couper du monde.
« Arrête, tu me donnes la migraine ». Si l’on perçoit incontestablement la migraine comme un phénomène douloureux, on reconnaît plus difficilement que ces insupportables maux de tête chroniques sont les symptômes d’une véritable pathologie. Et pourtant, si les spécialistes n’ont pas encore déterminé avec exactitude les causes exactes de la migraine, tous s’accordent à dire que c’est une maladie.

Beaucoup de diagnostiques, peu de traitements

En France, 6 à 7 millions de Français sont victimes de la migraine, d’après l’Observatoire des migraines et des céphalées. Les migraineux représentent 12% de la population active et un quart d’entre eux sont des femmes de 30 à 39 ans. Si un lien a été établi entre la migraine et l’activité hormonale, particulièrement celle des femmes entre la puberté et la ménopause, la migraine touche aussi 5% des enfants. 

Bien que la migraine soit à l’origine de 18 millions de jours d’arrêt de travail, 80% des migraineux ne suivent pas de traitement adapté à leur pathologie ou, pire, ne consultent pas et recourent à une automédication, la plupart du temps abusive.

Pourtant, la migraine n’est pas une fatalité. L’époque où, coupé du monde, on subissait sa crise dans l’obscurité est révolue. Pour peu qu’on le veuille bien. La migraine demeure un phénomène mystérieux, mais des traitements ciblés ont été élaborés.

Qu’est-ce que la migraine ?

Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer le mécanisme de la migraine : pour certains, les douleurs seraient d’origine vasculaire, d’autres avancent que la douleur est due à des molécules étrangères qui irritent les vaisseaux extra-crâniens, anormalement perméables. Une théorie récente enfin, avance que les douleurs sont dues à la libération d’une substance par notre système nerveux qui dilate ces mêmes vaisseaux sanguins.   

Dans les trois hypothèses, la migraine est toujours due à une inflammation régulière des vaisseaux sanguins. Celle-ci est à l’origine de violentes douleurs, localisées la plupart du temps d’un seul côté du crâne, mais qui envahissent parfois toute la boîte crânienne. Ces maux de tête surviennent en l’absence d’une quelconque infection (grippe…).

Souvent, ces douleurs s’accompagnent de nausées et de vomissements ainsi que d’une intolérance à la lumière et au bruit. Avant la crise, le sujet perd l’appétit. Parfois, il est aussi victime de troubles de la perception et de l’équilibre.

Comment reconnaître la migraine ?

Les migraines ne représentent que 15% de la totalité des céphalées. Afin de d’y apporter des remèdes efficaces, il convient de les différencier des autres types de maux de tête.

Les céphalées d’origine psychiques (causées par un état anxieux, dépressif ou post-traumatique) sont les premières à être confondues avec la migraine. Dans les maux de têtes psychologiques, la douleur envahit toute la tête, contrairement à la migraine, qui elle reste localisée le plus souvent sur une tempe ou sur la moitié arrière du crâne. De plus, les maux de tête psychologiques passent avec le sommeil ou le repos, ce qui n’est pas le cas de la migraine.

D’autres céphalées, de cause locale, passent souvent pour des migraines. Celles-ci sont liées au trouble d’un organe proche de la boîte crânienne (troubles de la vue, atteinte des dents, des sinus ou des oreilles…). Là, les douleurs sont concentrées sur une zone particulière du crâne, plus restreinte que la zone de la migraine qui envahit la moitié de la tête. Elles ne passent pas avec le repos mais avec des antalgiques (peu efficaces contre la migraine). L’examen clinique révèlera, dans ce cas, la pathologie originelle pour écarter l’hypothèse de la migraine. 

Que faire en cas de crise ?

Ne surtout pas avaler n’importe quel médicament ! Un migraineux sur cinq abuse de remèdes peu adaptés qui, en plus d’être inefficaces, peuvent être à l’origine d’une aggravation de la fréquence et de l’intensité des crises.

Lorsqu’on est migraineux, il est primordial de consulter et de déterminer avec son médecin traitant un traitement d’urgence, à prendre dès les premiers symptômes. Pour rendre la crise plus supportable, isolez-vous dans le silence et l’obscurité. L’application de glace sur la zone douloureuse soulage également.

Des études enfin, ont montré que la migraine pouvait être déclenchée par un manque ou un surplus de caféine. Chez certains migraineux, un bon café noir fait beaucoup de bien.

Comment prévenir les crises ?

Pour prévenir les migraines, un traitement de fond anti-migraineux à prendre quotidiennement est nécessaire. Par ailleurs, une bonne hygiène de vie réduit le risque des crises : les situations de stress, le manque ou l’excès de sommeil, le tabagisme, même passif, les menstruations… De nombreux facteurs interviennent dans le déclenchement de la céphalée. Respecter une bonne hygiène de vie améliorera votre pathologie. Observez des heures de coucher et de repas régulières, mangez équilibré, évitez les lieux enfumés lorsque vous êtes fatigués et pratiquez une activité sportive hebdomadaire : peu à peu, les crises s’espaceront.

 

Pour en savoir plus : consultez le site Internet de l’association France Migraine : www.sosmigraine.com

 

Esther Lobato

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