Vive les Mamans !Il est incontournable depuis des décennies et c’est tant mieux !
Si le sujet de leur verve artistique reste encore à définir, la plupart de nos bambins semblent opter pour une valeur sûre, le dessin.
Appliqué, tendre, et tellement plus personnel, c’est pour eux un message chargé d’amour et d’attention.
Filles ou garçons, grands ou petits, finalement on serait presque déçues qu’ils nous offrent autre chose. Et quelle joie nostalgique viendrait remplacer celle qu’on éprouve lorsqu’en rangeant les placards de nos ados quelques années plus tard, on tombe sur ces chères œuvres d’art inestimables ?…
Une authentique madeleine de Proust dont le parfum d’enfance nous arracherait même une ou deux larmes…
Profitons du papier avant qu’ils ne nous souhaitent la Fête des mères par texto !
Viennent ensuite les créations « bricolage » (cadre à photo en pâte à sel, poterie, collier de perles…), les fleurs, et les poèmes pour les plus téméraires.
Un enfant interrogé sur deux ne sait pas que c’est bientôt la Fête des mères ! Pour une fois, les publicités vantant les mérites de parfum et autres enseignes consacrées au bonheur de ces dames n’ont pas vraiment assuré la diffusion du message auprès des enfants.
Sans compter que souvent, papa aussi oublie le jour de maman !
Certains (les garçons surtout !), confessent donc qu’ils s’y prendront au dernier moment pour faire un dessin, tandis que d’autres (les filles !) ont déjà acheté tout un attirail d’électroménager avec l’aide de papa !
Il faut dire qu’il y a quelques années encore l’information était largement diffusée par le personnel de l’enseignement qui incluait généralement la préparation d’un cadeau de Fête des mères au programme scolaire (arts plastiques ou poésie).
Autrefois, en classe, on comptait à rebours le nombre de jours qu’il restait avant le jour J et une semaine avant on commençait à fabriquer des objets décoratifs informes à base de rouleaux de papier hygiénique ou d’assiettes en carton en classe, sous l’œil attentif de la maîtresse.
Mais les instituteurs ne font que s’adapter à des situations sociales et familiales qui, comme le reste, évoluent avec le temps.
Avant on se retrouvait à dix ou quinze, les papas mettaient les enfants dans la confidence, bref toute la famille était réunie pour fêter les mamans.
Aujourd’hui, la notion de famille n’est plus aussi exclusive. Les parents sont souvent séparés ou divorcés, et la fête des mères s’organise de plus en plus en petit comité.
Comme nous l’explique Odile, institutrice en CE1, « on s’est rendu compte que ce moment que beaucoup d’enfants partageaient dans la joie était une épreuve douloureuse et marginalisait les enfants qui souffraient de l’absence d’une mère. On a donc préféré éviter de telles situations, en faisant comprendre aux enfants que certains n’avaient plus de mamans, tout en déculpabilisant ceux pour qui c’était le cas ».
Quand il reste papa, et que ce jour lui est aussi difficile, il peut expliquer à l’enfant qu’il n’a pas à se sentir à l’écart des autres, et que si maman n’est pas là pour la Fête des mères, il peut quand même lui faire un dessin ou cueillir des fleurs à aller déposer dans un endroit symbolique.
Sans compter que, quand c’est papa qui n’est pas là, personne ne peut rappeler l’échéance de ce jour maternel à l’enfant. On compte alors sur les grands-parents ou les cousins pour prendre le relais et ainsi valoriser l’enfant dans son rôle de rejeton.
Anne-Flore GASPAR